Étude comparative des ventes papier et numérique pour mesurer l’impact de la publication en libre accès
L’étude prévue en action A5 du projet SO PUR est désormais disponible librement sur Nakala, https://nakala.fr/10.34847/nkl.acf0340k. Les principaux résultats en avaient été présentés lors de la journée d’étude finale de SO PUR en septembre 2024.
Voici un extrait de la conclusion :
L’observation des données de ventes des PUR entre 2012 et 2023, à travers l’échantillon du « panier restreint », nous a permis de voir nettement apparaître deux trajectoires typiques : l’une caractéristique des dynamiques de revenus de l’imprimé (pic de revenu puis longue traîne), l’autre des dynamiques de revenus numériques (progressivité puis diminution modérée). Par contre, nous n’avons pas constaté les variations de trajectoire attendues en fonction des modalités de diffusion numérique des ouvrages. L’imprimé et le numérique sont ainsi apparus comme faisant l’objet de dynamiques de revenus caractéristiques, distinctes et autonomes, au sens où les modes de diffusion numériques des ouvrages ne semblent pas perturber ces trajectoires générales de revenus.
À l’échelle des comportements individuels qui, une fois agrégés, produisent ces tendances économiques, les « écosystèmes lectoraux » des lectrices et des lecteurs des PUR que nous avons rencontrés sont marqués par une hybridité multiforme qui associe, de façon diverse et circulaire, des usages imprimés et numériques, malgré la prégnance d’une culture du livre rendant l’imprimé central. Probablement, cette place centrale de l’imprimé dans les usages explique, au moins en partie, l’autonomie des dynamiques de revenus entre imprimé et numérique. Outre cette culture du livre imprimé, particulièrement marquée dans le champ des sciences sociales, les pratiques de l’éditeur et notamment l’investissement important que représente la préparation d’une sortie en librairie (durant les 6 mois en amont) concourt à expliquer cette centralité de l’imprimé, ainsi que l’importance économique du début de carrière des ouvrages.
À l’image des « écosystèmes lectoraux » explorés dans le cadre de cette étude qui se caractérisent par de multiples configurations d’empilements de pratiques d’ouvrages aux formats imprimé et numérique, les revenus de l’éditeur s’inscrivent, tels que nous avons pu les observer, dans une logique générale d’addition de revenus issus des ventes papier ou numériques. Pour autant, les divers modes de diffusion numériques des ouvrages ne nous semblent pas totalement neutres, dans la mesure où ils autorisent des usages divers, où ils peuvent relever de modèles économiques particuliers — par exemple très subventionnés dans le cas du libre accès — et parce qu’ils correspondent à des politiques éditoriales en matière de diffusion numérique (diffusion numérique de nouveautés ou d’ouvrages plus anciens).
L’équipe des PUR remercie chaleureusement Damien Day, Christophe Evans et Julie Lavielle de la Bibliothèque publique d’information, ainsi que David Beorchia d’Open Edition.